Adaptation au changement climatique : lutter contre les canicules grâce à la rénovation
- Thibault Lemonnier

- 26 sept. 2024
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 3 août
Publié le 26 septembre 2024
Mis à jour le 15 juillet 2026
Les vagues de chaleur sont devenues, en France, un problème directement lié aux effets du réchauffement global.
Entre 1947 et 2010, Météo-France a recensé 25 vagues de chaleur.
Entre 2011 et juin 2026, l'organisme en a recensé 27.
Une 53e vague a commencé le 4 juillet 2026 et s'est achevée autour du 14 juillet 2026.
Vers 2050, il y aura en moyenne en France 12 nuits par an avec une température supérieure à 20 °C, et plus de 100 nuits de ce type autour de la Méditerranée.
Cette hausse des températures pousse à rénover les bâtiments pour protéger les habitants, les activités humaines et les ressources en eau.
Le troisième Plan national d'adaptation au changement climatique de 2025 (PNACC-3) organise l’adaptation de la France à un climat atteignant environ +2,7 °C en 2050 et +4 °C en 2100. Il comprend des mesures concernant les bâtiments pour qu'ils puissent résister à ces aléas climatiques.

Les risques pour les habitants et les bâtiments
Les canicules, qui sont des périodes de chaleurs extrêmes de plusieurs jours, ont de gros impacts sur les bâtiments. Les maisons mal isolées deviennent très chaudes, surtout au niveau des toits et des murs exposés au soleil. Cela augmente la vulnérabilité climatique de leurs habitants.
Pour rester au frais, on utilise souvent la climatisation mais celle-ci consomme de l’énergie et peut entraîner des émissions de GES, notamment en cas de fuite de fluides frigorigènes, ce qui peut aggraver le réchauffement climatique.
Les canicules posent aussi des risques pour les plus fragiles, comme les personnes âgées ou les enfants, et peuvent être dangereuses en cas de sécheresse ou de manque d’eau potable.
Comment mieux adapter nos bâtiments au changement climatique ?
Pour s’adapter au changement climatique, plusieurs solutions peuvent être mises en place. Elles visent à améliorer la résilience au changement climatique tout en limitant les impacts sur l’environnement.
Le déphasage thermique
Le déphasage thermique consiste à ralentir le passage de la chaleur à travers les parois grâce à l'isolation thermique. Cette technique aide à garder les bâtiments frais même quand il fait très chaud dehors. Cela réduit aussi le besoin de climatisation et diminue les émissions de dioxyde de carbone (CO₂). Par exemple, des matériaux comme la terre crue peuvent contribuer au confort d’été tout en limitant l’utilisation de matériaux très transformés.

Les solutions de refroidissement passif
Des techniques simples peuvent aider à refroidir les bâtiments sans consommer beaucoup d’énergie :
Une ventilation naturelle : ouvrir les fenêtres la nuit pour laisser entrer de l’air frais
Des revêtements clairs : utiliser des peintures ou des matériaux clairs pour réfléchir les rayons du Soleil, notamment en exploitant l'effet d'albédo sur les toitures
Un refroidissement par évaporation : utiliser de l’eau parcimonieusement pour rafraîchir l’air tout en préservant les ressources en eau
Climatisation et brassage de l'air en dernier recours
Si les autres solutions ne suffisent pas, on peut utiliser des climatiseurs et des ventilateurs pour mieux répartir la chaleur à l’intérieur. Toutefois, ces solutions ont pour inconvénient d'augmenter nos consommations d’énergie. Elles peuvent aussi accentuer le changement climatique à long terme (éventuelles fuites de fluides frigorigènes).
Les bâtiments, les routes, les systèmes de gestion des eaux et les réseaux d’énergie doivent être conçus pour mieux résister aux températures extrêmes et aux conditions climatiques plus changeantes. (Météo-France, 11 avril 2025)
Intégrer le confort d’été dans l’audit énergétique
Pour adapter efficacement un bâtiment aux vagues de chaleur, il ne suffit pas d’ajouter ponctuellement un climatiseur ou de choisir un matériau isolant. Les solutions doivent être définies à partir des caractéristiques du bâtiment, de son environnement et de ses usages.
Les audits énergétiques permettent de mieux planifier les travaux pour adapter les bâtiments aux impacts des changements climatiques. Ils aident à trouver les meilleures solutions pour protéger les habitants tout en participant à la lutte contre le réchauffement climatique.
Un audit énergétique peut notamment permettre d’analyser :
l’orientation du bâtiment et l’exposition des façades au soleil ;
les apports de chaleur par les fenêtres et la toiture ;
l’inertie et le déphasage thermique des parois ;
les possibilités de ventilation naturelle, notamment la nuit ;
les protections solaires existantes ou à installer ;
les risques de surchauffe après les travaux d’isolation ;
les besoins éventuels en systèmes de rafraîchissement.
Cette analyse permet de construire un programme de rénovation cohérent, adapté à la fois au confort d’hiver et au confort d’été.
Dans quel ordre agir contre les surchauffes ?
La réponse dépend de chaque bâtiment mais une stratégie efficace consiste généralement à intervenir dans l’ordre suivant :
Limiter les apports solaires, grâce à des volets, des stores extérieurs, des brise-soleil ou une végétalisation adaptée
Améliorer l’enveloppe du bâtiment, en traitant notamment la toiture et les parois les plus exposées
Favoriser l’évacuation de la chaleur, grâce à une ventilation traversante ou à une surventilation nocturne lorsque les conditions le permettent
Réduire les apports internes, produits par les équipements, l’éclairage et certains usages
Étudier un système de rafraîchissement actif uniquement si nécessaire, après avoir réduit au maximum les besoins.
Cette hiérarchie évite de compenser les défauts du bâtiment par des équipements énergivores. Elle permet également de limiter les consommations, les coûts d’exploitation et les émissions associées.

Rénover aujourd’hui pour le climat de demain
La rénovation énergétique ne doit plus seulement servir à réduire les besoins de chauffage. Elle doit aussi préparer les bâtiments à des étés plus chauds, à des vagues de chaleur plus longues et à des nuits durant lesquelles les températures redescendent moins facilement.
Chaque bâtiment nécessite toutefois une réponse spécifique. Une solution pertinente dans une maison ancienne ne le sera pas nécessairement dans un immeuble collectif, une école ou un bâtiment tertiaire. C’est pourquoi le diagnostic, la simulation du comportement thermique et la programmation des travaux jouent un rôle essentiel.
Pour les professionnels de la rénovation, intégrer le confort d’été à l’audit énergétique devient donc une compétence indispensable : il s’agit de proposer des rénovations performantes toute l’année, capables de réduire les consommations tout en protégeant durablement les occupants.



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